« Pour celui qui se hâte vers la perfection de la vie religieuse, il y a les enseignements des saints Pères dont l'observation conduit l'homme jusqu'aux cimes de la perfection. »

Traduction :

08 avril 2017

LA SEMAINE SAINTE

La liturgie de la Semaine sainte

est si riche que l'on ne peut en goûter à la fois tous les aspects et tous les enseignements.

Nous avons commenté quelque peu les cérémonies depuis le Dimanche des Rameaux
jusqu'au Samedi Saint sur
SACRA MYSTERIA.

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LE DIMANCHE DES RAMEAUX

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LE JEUDI SAINT

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LE VENDREDI SAINT

02 mars 2017

Temps du Carême

Le Mont de la Quarantaine


Le temps de la Septuagésime nous ayant rappelé notre condition de pécheurs, le Carême se présente naturellement comme un temps de pénitence. Or, la pénitence, bien qu’elle implique des austérités et des privations physiques (en particulier le jeûne, que la Liturgie mentionne souvent), consiste essentiellement dans la contrition du cœur, l’expiation des péchés par un grand acte d’amour et le changement de vie : la conversion.

Le chrétien doit se purifier en posant des actes contraires aux concessions qu’il a faites à l’esprit du monde et à son égoïsme. Sans doute est-ce la grâce de Dieu qui nous purifie, mais elle le fait par le moyen de nos pénitences qui sont comme des ‘sacrements’ de son action purificatrice.

La charité envers le prochain suivant le premier commandement de l’amour de Dieu, le Carême implique aussi l’aumône, qui est une expression concrète de cette charité. Ce que les austérités ont pu faire diminuer des dépenses de la vie est utilisé au secours des misères du prochain. Et si nous sommes nous-mêmes parmi les pauvres, faisons au moins l’aumône d’une bonne parole :
« Une bonne parole vaut mieux qu'un don excellent. » [1]



Le Carême est aussi un temps de prière, de recueillement, de silence, ce qui implique le retrait des affaires de ce monde. Le chrétien vit dans le monde mais il n’est pas du monde.
« N'aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde, la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde. » (1 Jn 2, 15-16)

Aux temps de Chrétienté, dès les premiers empereurs romains chrétiens, le Carême s’appliquait non seulement aux familles et aux individus, mais encore à toute la vie politique et sociale. Il s’étendait aux institutions publiques et était un exercice commun à toute la société, qui excluait les fêtes, les spectacles, la chasse et la guerre. Il y avait la ‘trêve de Dieu’, non seulement pour les armes, mais encore pour les tribunaux et les activités commerciales ; les foires (qui jouaient alors le rôle de la bourse et des centres d’affaires) étaient interdites ; l’économie tournait au ralenti. Si la société dans laquelle nous vivons nous empêche de donner au Carême toute la dimension qu’il devrait avoir, nous pouvons néanmoins nous séparer des activités mondaines, sans respect humain, et veiller au silence (par exemple, en nous retirant quelque peu de l’actualité, politique et ecclésiastique). Les fêtes profanes et célébrations diverses sont incompatibles avec le Carême.

Enfin le Carême est un temps de lecture et d’instruction. Chacun peut y pourvoir par lui-même. La Règle de saint Benoît prescrit que chaque moine reçoive un livre à lire en entier. En chaque église sont données des conférences spéciales. Ces lectures et ces instructions peuvent porter aussi bien sur la conversion et la vie spirituelle que sur des points importants de la doctrine chrétienne. Aimons en particulier à relire et à méditer les grands faits de l’Histoire sainte, les grandes figures de l’Ancien Testament que l’Église, dans sa liturgie du Carême, met chaque jour sous nos yeux.



[1] Si 18, 17 ; cf. Règle de saint Benoît, chapitre 31.


06 janvier 2017

Octave de l'Épiphanie !

Toute la liturgie de l’Épiphanie est tissée de citations du psaume 71, l’un des grands psaumes messianiques, et du chapitre 60 d’Isaïe, qui lui est très proche. Ainsi ces textes prophétiques nous disent-ils que des rois, les rois d’Éthiopie, de Tharsis et des îles, d’Arabie et de Saba, les puissances des nations, viendront pour adorer le Messie, et lui apporteront des présents, de l’or et de l’encens, « dans une inondation de chameaux », comme dit la Vulgate de façon savoureuse. Car celui qui doit venir pour libérer les pauvres, celui qui est la gloire même du Seigneur, et dont le règne sera éternel, est né comme une rosée sur la terre, pour y faire germer la justice.

Cependant, l’antienne d’introït à la messe de l'Épiphanie n’est pas, comme on s’y attendrait, un verset du psaume 71, mais un texte qui concentre encore davantage l’idée royale :
« Voici que vient le Seigneur dominateur, et le règne est dans sa main, et le puissance, et l’empire. »
Avec le jeu de mots sur dominator Dominus, le mot regnum qui dit aussi bien le royaume que le règne, le mot potestas qui désigne à la fois le pouvoir et la puissance, le mot imperium qui indique le pouvoir impérial, l’autorité suprême et universelle.

Ce texte ne figure pas tel quel dans la Sainte Écriture. C’est une composition ecclésiastique, inspirée par une formule de la fin du premier livre des Chroniques.


Voir nos articles sur SACRA MYSTERIA et TRADITIO PATRUM...

25 décembre 2016

NOËL !


Le Christ nous a été annoncé, non comme le roi qui domine, non comme le juge qui condamne, mais comme un serviteur, qui ne ferait ni bruit, ni éclat, mais serait doux et miséricordieux.

L’union hypostatique est déjà un mystère, et ce mystère, lorsqu’on cherche à l’exprimer, est comme encadré dans les catégories de l’intelligence humaine. C’est encore une vérité abstraite.
En revanche, ce qui est vraiment au-delà de toutes les conceptions de la raison humaine, c’est que le Verbe créateur se fasse humble et petit enfant.
C’est le mystère de la "faiblesse de Dieu", que seules la charité et l’humilité peuvent accepter.
« La majesté a assumé l’humilité, la force l’infirmité, l’éternité la mortalité. » 

***

Nous avons consacré deux articles de SACRA MYSTERIA au
Mystère de Noël :
un exposé sur la fête de la Nativité du Seigneur,
et quelques notes spéciales sur la liturgie de la Nativité.

***


Ce que seules la charité et l’humilité peuvent admettre, c’est que cette Incarnation ait lieu, non dans la gloire et la puissance, mais dans le silence et la faiblesse d’un enfant, né, comme à l’aventure, en voyage, dans un lieu précaire et improvisé.
Nous l’acclamons et l’adorons comme le roi des siècles, et en même temps nous chantons :
« Il endura de coucher sur le foin,
Une étable ne lui répugna pas ;
Il s’est nourri d’un peu de lait,
Celui par qui nul oiseau n’a faim. »

Pour vaincre le mal, Dieu n’a pas opposé puissance à puissance, mais la faiblesse même de cette nature humaine que Satan tenait en esclavage. Ce qui est grand dans le Royaume de Dieu et dans l’Église, commence toujours dans le secret et dans l’humilité. La théologie abstraite peut arriver à des expressions parfaites et irréformables, mais pour entrer véritablement dans le mystère et l’intimité de l’Enfant-Dieu, il faut un don de Dieu que seules les âmes humbles peuvent recevoir, et qu’elles n’ont jamais fini de recevoir.

« Voyant l’étrange naissance,
au monde devenons étrangers,
transportant vers le ciel notre esprit ;
c’est pour nous en effet que le Dieu très-haut
sur terre est apparu comme un homme plein d’humilité,
voulant attirer vers les hauteurs tous ceux qui lui chantent : Alléluia.
»
(Hymne acathiste)