« Pour celui qui se hâte vers la perfection de la vie religieuse, il y a les enseignements des saints Pères dont l'observation conduit l'homme jusqu'aux cimes de la perfection. »

Traduction :

07 novembre 2014

LE SENS DE LA VIE MONASTIQUE



Un monachisme institutionnalisé, n’ayant plus l’élan évangélique des premiers jours, risque inévitablement l’artifice, l’inhumanité… Car là-même où il demeure fervent, il est à craindre que ses motivations ne s’obscurcissent et ne s’altèrent…




Quel est le sens de la vie monastique ? 

Cette question est primordiale. On adopte le monachisme comme une voie. S’y engager sans savoir où elle mène, c’est comme si l’on s’enfonçait dans une impasse. Ad quid venisti ? Si cette question n’est pas toujours posée devant l’esprit du moine, ou s’il n’est pas capable d’y donner toujours une réponse émanée de l’âme tout entière, son labeur est vain : suivant le mot de l’Apôtre, il lutte en frappant l’air. 

On peut y faire bien des réponses très différentes, desquelles aucune ne sera dépourvue d’une part plus ou moins large de vérité. Mais tant qu’on n’est pas arrivé à la réponse, aucune non plus n’atteint l’essentiel. Aussi longtemps qu’on en reste là, le monachisme demeure comme une plante sans racines profondes. Il peut porter des feuilles, peut-être quelques fleurs, mais non point de fruits. Finalement il sèche et il tombe. Ou encore, ce qui est peut-être pire, il sèche sur place ; mais il continue d’occuper la place, inutilement. Alors, il a cette double disgrâce de ne pas remplir sa fin dans l’Église et de la dissimuler en semblant fait pour une autre.