« Pour celui qui se hâte vers la perfection de la vie religieuse, il y a les enseignements des saints Pères dont l'observation conduit l'homme jusqu'aux cimes de la perfection. »

Traduction :

'Hagia Mystiria'


La Liturgie n’est pas une activité culturelle ou artistique ; la Liturgie est un mystère, c'est-à-dire une réalité sacrée et divine qui nous dépasse, dans laquelle on ne peut entrer que progressivement, à mesure que l’on entre dans le mystère chrétien. Les lignes qui suivent voudraient y aider. Il faut entrer dans ce mystère avec crainte et vénération, savoir interroger les prêtres dont la mission est de le célébrer et de le transmettre, et accepter de ne pas tout comprendre immédiatement.

La Tradition liturgique
La Hiérarchie
Les quatre parties de la Messe
La préparation
L'offrande
Le sacrifice
La participation


C’est de la foi qu’il porte au fond de son cœur que découle le comportement et l’attitude générale du chrétien à l’église. Nous y sommes en effet en présence de Dieu, notre créateur, qui donne à chacun la vie et l’existence : « Car c'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être » (Actes 17,28). D’où l’attitude fondamentale du chrétien face à Dieu : « L'homme estimera que Dieu, du haut du ciel, le regarde à tout moment, qu'en tout lieu le regard de la divinité voit ses actes et que les anges les lui rapportent à tout moment. »[1] La crainte de Dieu, le sens du mystère et de la transcendance divine sont la première attitude de l’homme face à son créateur. Ceci se réalise tout particulièrement pendant la Liturgie. La Liturgie est une action sacrée dont l’objet est de louer Dieu, de lui rendre honneur et gloire. L’adoration est constamment présente dans la Liturgie ; elle en est la note dominante. C’est dans cette louange divine, pour laquelle les chrétiens se rassemblent à l’église, que l’homme atteint sa perfection et son bonheur dès ici-bas. Oui, la Liturgie est une assemblée, mais pas une assemblée profane ; elle est une assemblée sacrée, dont le but est la louange et l’adoration.

C’est pourquoi cette assemblée ne se réunit pas en cercle ; elle ne fait pas face au célébrant, mais tous sont tournés dans la même direction, vers l’Orient, lieu de la naissance du Soleil, symbole du créateur.
Tout ce qui est bruit, bavardage, vulgarité, excitation et désordre en tout genre est exclu. La Liturgie est célébrée dans un lieu sacré (l’église), pas dans une salle quelconque, avec des objets et des vêtements sacrés, dans une langue (le latin, le grec, le syriaque etc.) et une musique sacrée, différente de la musique profane, où la voix humaine se fait entendre dans toute sa pureté, sans alliage mondain.

C’est ce qui explique aussi la tenue à genoux ou debout, rarement assise [2], les inclinations, la dignité, le respect, le silence. On ne se tient pas dans une église comme dans un salon ou une salle d’attente, les jambes croisées, renversé sur un dossier, ou écroulé sur un prie-Dieu. On ne s’y rend pas en tenue de sport ou de plage… Une église n’est pas une salle de concert, une salle des pas perdus, un musée, une cours de récréation.

La révérence et la crainte nous sont aussi imposées parce que nous sommes pécheurs. Malgré les bons sentiments qui semblent nous habiter, nous nous sommes détournés de l’amour de Dieu, et, en conséquence, séparés les uns des autres. Chacun, s’il est honnête avec lui-même, peut le reconnaître dans sa conduite, où se rencontrent l’indifférence, l’égoïsme et les passions. Peut-être le service de Dieu et son amour nous attirent-ils, mais en fait notre vie est remplie d’esprit de jouissance et d’orgueil.
Il y a une réelle distance entre nous et les choses sacrées, dont nous sommes indignes. Cela implique des attitudes du corps, des gestes, des chants et des prières qui expriment notre repentir et de notre humilité.